La pariétaire officinale

Une plante qui à mon avis passe trop souvent inaperçue est la pariétaire officinale. Pour essayer de lui apporter un peu de l’attention qu’elle mérite, je vous propose de prendre connaissance du texte qui suit. Si c’est le côté pratique et alimentaire qui vous intéresse, dirigez-vous directement vers le bas de l’article.

Personnellement je connais la pariétaire depuis mon enfance. Non pas parce que je la mangeais ou j’étais soigné avec, l’usage que j’en faisais était purement ludique. Étant recouverte de fins poils crochus sur les feuilles comme sur les tiges, la pariétaire se colle facilement sur les tissus. Cela permet de créer toute sorte de patches décoratifs sur ses vêtements. Facile à enlever et ne laissant aucune trace, la plante a le mérite de ne pas agacer les parents!

Généralités

La pariétaire officinale (Parietaria officinalis), également connue, entre autres, sous le nom de casse pierres, perce-murailles, ou épinard des murailles, est une plante herbacée vivace de la famille des Urticacées.

Habitat

La pariétaire officinale est une plante originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie occidentale.

On peut trouver la pariétaire officinale sur les vieux murs et les parois rocheuses, où elle se glisse dans la moindre fissure. Peu exigeante, elle se développe sur les terrains secs et caillouteux. Même dans peu de terre ou de sable, au milieu des pierres ou des décombres, près des habitations. Elle aime coloniser les trottoirs, les terrains vagues et bien-sûr les murs, comme son nom l’indique. En effet, le mot « pariétaire » vient du latin « parietarius », dérivé de « paries » qui signifie mur ou paroi.

Néanmoins, elle ne dédaigne pas les sols plus riches.. Preuve en est cette « famille » de pariétaires que j’ai introduit dans mon jardin. Elle a tranquillement pris ses aises à côté du compost. La voilà…

Pariétaire officinale au jardin

Description de la pariétaire officinale

La pariétaire officinale est une plante de petite taille, atteignant généralement une hauteur maximale de 60-80 cm. La tige est dressée et poilue. Souvent rougeâtre sur le bas et cassante sur sa partie haute.

Son feuillage est d’un vert plutôt foncé au dessus et plus clair de l’autre côté. Un peu luisant malgré la présence de poils presque imperceptibles à l’œil nu.

Les feuilles sont alternes, de forme ovale à tendance losangique, pointues aux deux extrémités. Ont des bords entiers, lisses et des nervures irrégulières. Elles mesurent généralement de 1 à 5 cm de long et présentent un pétiole de 2 cm ou plus court.

Les fleurs sont petites, de couleur verdâtre ou blanchâtre, et forment des grappes le long des tiges aux aisselles des feuilles. Elles sont bien discrètes par rapport aux feuilles. Apparemment une même plante porte des fleurs femelles, mâles et hermaphrodites. N’y ayant jamais fait attention, je préfère diriger ceux qui seraient intéressés, vers la page Wikipédia correspondante, plutôt que de donner des détails que je ne connais pas.. Mais je vais suivre cela de près dans le jardin, c’est promis 😉

À noter tout de même que les fleurs (mâles) diffusent un pollen qui peut être très allergène et contribuer au rhume des foins.

Le fruit de la pariétaire officinale est un petit akène. Une sorte de noix en miniature de couleur brun-noire et de forme ovale.

Propriétés médicinales

Sans avoir la prétention de vouloir énumérer des propriétés avérées à 100%, je me contente de citer celles qu’on trouve dans à peu-près tous les ouvrages et articles qui parlent de cette plante. Comme sur medisite.fr, pour en citer un au hasard parmi plein d’autres. Si vous allez voir, ne vous laissez pas tromper par la photo qu’ils on mis en haut de l’article.. ce n’est visiblement pas de la pariétaire.

La pariétaire officinale est utilisée en médecine traditionnelle pour ses propriétés diurétique, dépurative, émolliente, expectorante et antirhumatismale. Elle est censée aider à traiter une variété de problèmes de santé, notamment les troubles rénaux (calculs rénaux, infections urinaires), les affections cutanées (eczéma, dermatite), les douleurs articulaires et les problèmes respiratoires (bronchite, asthme).

Parmi ses composants principaux on trouve du nitrate de potassium, des flavonoïdes, des saponines, des mucilages, des acides-phénols, des tanins, des minéraux et des vitamines, qui sont responsables de ses propriétés médicinales.

Utilisation thérapeutique

Traditionnellement, la pariétaire officinale est consommée sous forme d’infusion ou de décoction, préparée à partir de ses feuilles sèches. On peut également l’appliquer localement pour traiter les inflammations cutanées, les douleurs articulaires, en préparant une pâte écrasée à partir des feuilles fraîches.

La pariétaire officinale en cuisine

Enfin on arrive à la partie qui va intéresser les gastronomes et les gourmands 😁

Très versatile en cuisine, elle se prête à des nombreuses préparations. Cuite à la façon des épinards ou crue dans un pesto. Ou encore hachée et mélangée à du fromage frais elle peut farcir des raviolis, des empanadas etc. Je ne conseillerais pas les feuilles entières en salade, un peu coriaces à mâcher. Plutôt hachées en fines lamelles, comme ajout dans une salade composée. Le goût rappelle un peu celui de l’ortie mais moins prononcé. Elle peut d’ailleurs très bien la remplacer dans des soupes et autres mets à l’ortie.

Dernièrement j’ai fait une omelette et des poivrons farcis avec de la pariétaire. Je ne vais pas refaire une recette d’omelette, je pense que tout le monde connaît. Dans le doute, allez simplement voir la recette de l’omelette à l’ail des ours. Il suffira de remplacer l’ail des ours par la pariétaire.

Quant aux poivrons farcis c’est très simple aussi, je vais appeler ce plat « Poivrons farcis au riz et à la pariétaire ». Voici comment le préparer.

Poivrons farcis au riz et à la pariétaire

Poivrons farcis au riz et à la pariétaire

Ingrédients pour 4 personnes:

  • 4 poivrons
  • 400 g de riz cuit
  • 1 oignon haché
  • 2 gousses d’ail hachées
  • 8 grandes tiges feuillues de pariétaire
  • 150 g de fromage feta émietté
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • Sel et poivre au goût
  • Facultatif: un peu de fromage râpé

Procédé:

  1. Cuire le riz selon votre méthode préférée.
  2. Couper les poivrons en deux par la longueur et enlever les graines et les pédoncules. Placer les moitiés dans un plat allant au four.
  3. Allumer le four à 200°C et pendant qu’il chauffe y placer le plat avec les poivrons pour les précuire.
  4. Enlever les parties basses trop fibreuses des tiges de pariétaire et hacher grossièrement le reste
  5. Dans une poêle, faire chauffer l’huile d’olive. Ajouter l’oignon et l’ail et faire revenir jusqu’à ce qu’ils soient dorés.
  6. Ajouter la pariétaire et faire revenir quelques minutes.
  7. Ajouter le riz cuit dans la poêle, puis saler et poivrer.
  8. Ajouter la feta dans la poêle et bien mélanger.
  9. Une fois que la farce est prête, sortir les poivrons du four et remplir chaque moitié.
  10. Éventuellement couvrir avec un peu de fromage râpé.
  11. Remettre au four, jusqu’à ce que les poivrons soient tendres et la farce légèrement dorée. (environ 20 minutes)
  12. Servir chaud ou froid et se régaler !

Laisser un commentaire